La rouille…

(2 photos)

épave bites rouillées st guénolé copie

« Il faudrait trente mots pour dire la rouille, mais ils n’existent pas, il faudrait les créer et surtout les employer, alors on apprivoiserait l’oxydation du fer et on lui trouverait de la beauté, du confort, on la trouverait accueillante et vivante, cette rouille qui érode ce qui a été droit, ce qui était bien huilé au moment du travail, et qui maintenant, parce que ça ne bouge plus, par ce que ça ne sert plus à rien, se dissout au contact de l’air en prenant un aspect de velours, d’une belle couleur de feuilles mortes. Nous sommes dans dans le sous-bois d’automne de l’industrie finissante, ce que nous avons construit s’effondre, et de cette litière de rouille sortira notre avenir après l’hiver qui vient; du moins on l’espère… »

épave coque percée bites rouillées st guénolé copie

Extrait de « La nuit de Walenhammes »  par Alexis Jenni.

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16 réflexions sur “La rouille…

  1. Bonjour Danièle,
    Très belle série avec les mots vraiment appropriés. En voyant ta première photo, je me suis dit que la rouille était aussi belle qu’un vieux bois et je suis arrivée à ta seconde photo où les deux étaient réunis. J’aime et en même temps j’y vois la souffrance inévitable, action du temps, mais quand on arrive à ce stade, c’est que l’on a une longue vie derrière soi. Pourvu qu’elle ait été bien remplie 😉

  2. « Elle teinte bien les feuilles d’automne.
    Elle vient à bout des fusils cachés.
    Elle rongerait les grilles oubliées
    Dans les prisons, s’il n’y venait personne. »
    maxime-le-forestier

  3. Bon je ne suis pas encore dans cet état de rouille mais l’air commence aussi à m’oxyder. Je te rassure je ne vais pas m’arrêter de respirer pour autant…sourire. Très bon cadrage sur la première

  4. Un texte qui met en mots exactement ce que je ressens face à la rouille, aux choses rouillées , à leur étrange beauté….illustré superbement par tes photos

  5. Cette rouille, que « trente mots qui n’existent pas ne peuvent dire », me raconte en images intérieures les peurs et les souffrances de ces hommes de jadis, tenus au rang de bêtes pour la couleur d’un épiderme. Ces chaînes, ne les auraient-ils pas un jour manœuvrer sous le fouet ? La sueur est d’autant plus corrosive qu’elle est chargée d’angoisse…
    Une photo, au fond, c’est comme une symphonie : qu’on se laisse posséder par l’une ou par l’autre, on finit toujours par entrer dans une histoire qui n’est pas tout à fait la sienne… et pourtant !
    Merci !

  6. Bon soir Danièle,
    Deux superbes photos et un texte superbe pour les illustrer.
    J’ai toujours eu une attirance pour les choses rouillées, ou aussi pour la peinture écaillée.
    Certes, ce sont les traces du temps, mais je trouve ces traces vraiment belles, tout comme les rides sur un visage d’ailleurs.
    Le bois sur le seconde est très beau aussi.
    Merci pour ces belles compositions.
    Bises et belle fin de soirée

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